Bill n'arrivait pas à bouger.
Il vit Georg relever les yeux vers lui.
Gustav et lui avaient le visage contracté par la souffrance. La haine brûlait dans leurs yeux.
Bill se sentit perdu, ravagé par la culpabilité, le chagrin, la peur d'avoir perdu Tom.
Il n'était plus rien sans lui...
Il s'était condamné lui-même.
Puis, au prix d'un effort surhumain, il s'approcha du lit.
Il devait savoir, même si savoir le tuerait.
Il prit le corps inerte de Tom dans ses bras.
Le serra contre lui.
Entendit un soupir, un gémissement.
Tom souffla avec difficulté:
_ Salaud! Je te hais!
Bill palit mais ne s'étonna pas. C'était lui le salop, quand Tom ne l'avais jamais abandonné même ce fameux jour où il allait se drogué, lui, Bill, en remerciement, que lui avait-il fait?
Gustav donna à Bill un verre d'eau pour Tom.
Bill prit délicatement la tête de son double et la redressa pour verser le précieux liquide dans la bouche de celui-ci.
Goutte après goutte.
Tout comme les larmes de Tom avaient coulées.
Larmes après larmes.
Et dire qu'au début Bill avait fait tout ça en espérant soulager Tom du fardeau qu'il était (que Bill était bien sûr, pas Tom ce serait débile^^).
Puis Tom se mit à parler, lentement au début, puis de plus en plus vite, les sentiments que les mots lui inspiraient étaient perceptible dans sa voix:
_ J'ai sentit, sentit ta terreur, et ton envie de mourir aussi. Ta fatigue, ta lassitude, tout. Et puis je t'ais sentis sombrer. On est pas jumeaux pour rien... J'ai paniqué. Tu étais mort, c'était en moi, je le savais, comme un grand vide. Comme si moi-même je mourrais un peu avec toi. Cette sentation, et puis ce besoin de chanter, spring nicht. J'ai vu, je te jure que je l'ai vu, ce tunnel en même temps que toi, avec toi. Et après, je ne me l'expliquais pas, de nouveau le calme, plus rien. J'ai crus que c'était fini, que tu étais mort. Et que moi j'avais survécu, et je ne pouvais le supporter. J'ai pris des ciseaux, regarde mes poignets. Tu es nés avec moi. Tu ne dvais pas partir sans moi. Je n'arrivais pas à me couper les veines. Quelque part au fond de moi je savais que tu étais vivant. Mais je ne me l'expliquais pas. Alors j'ai attendu, attendu, et les 35 heures ont passées. J'ai compris. Compris que même si tu n'étais pas mort, tu t'en foutais de moi. J'ai voulu partir. Regard moi. Regarde ce que tu as fais de moi. Tu me disis que tu m'aimais. Je t"ai toujours protéger et toi tu m'as toujours tout donné. On était inséparable. Plus de 17 ans passés ensemble. Tant de joie éprouvéeà tes côtés. Je t'aimais plus que tout et je savais que toi aussi. Et finalement, c'est toi qui m'aura tué. (PS: pas d'inceste! on appelle ça l'amour fraternel, très fort, mais quand même ~~ petite précision~~)
Bill ne voyait que le visage de Tom devant lui. Visage qui était le reflet du sien. Visage souffrant et triste. On y voyait une touche de haine, mais derrière il y avait tant d'amour....
